Jeudi 1 octobre 2009
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Alors
qu’un hommage devait lui être rendu au Festival du cinéma de Zurich pour l’ensemble de son oeuvre, Roman Polanski a été arrêté, samedi 26 septembre, à sa descente d’avion et placé en détention
provisoire.
Agé aujourd’hui de 76 ans, il est rattrapé par une sordide histoire vieille de 30 ans. En 1977, aux Etats-Unis, Roman Polanski fut accusé de viol sur une mineure de 13 ans, Samantha Geimer.
L'adolescente affirme à l'époque avoir eu un rapport sexuel forcé sous l'emprise de l'alcool et de drogue. Samantha Geimer, avait été sélectionnée pour une séance photos commandée par le magazine
Vogue.
Durant la séance, aux abords de la propriété californienne de Jack Nicholson, la jeune fille affirme avoir bu du champagne et consommé un sédatif, le méthaqualone, fourni par Roman Polanski, avant
d'avoir des rapports forcés avec lui.
Lors de son procès, Polanski reconnaît la relation sexuelle mais nie le viol, affirmant que la gamine était « consentante ». Incarcéré durant 47 jours en Californie, Polanski passe des expertises
psychiatriques. Libéré sous caution et en attente du verdict, il s’enfuit alors des Etats-Unis pour rejoindre la France sous le nez du juge, qui émet un mandat d'arrêt. Comme d'autres États, la
France refuse l'extradition. Depuis, Polanski n'a pas remis les pieds aux Etats-Unis, pas même pour récupérer son oscar du meilleur réalisateur, décerné pour « Le Pianiste » en 2003. Ces dernières
années, le procureur du Comté de Los Angeles avait déjà fait plusieurs tentatives pour exécuter le mandat d’arrêt de 1978, quand Polanski voyageait dans des pays ayant passé un traité d’extradition
avec les Etats-Unis. C’est le cas de la Suisse. Et les délits sexuels contre les mineurs sont imprescriptibles aux Etats-Unis et en Suisse.
Les réactions face à cette interpellation n’ont pas traîné. D’abord, la grande et belle famille du cinéma, puis la puante et arrogante famille de l’UMP, tous réunis pour soutenir ce pauvre Roman
Polanski, passé par un tour de passe-passe du rôle de violeur à celui de victime.
« Epouvantable », « regrettable mise en scène »… les qualificatifs ne manquent pas pour exprimer la consternation de ces élites bien pensantes face au traumatisme subi par un des leurs.
Ce sont exactement les mêmes qui réclament, via la loi HADOPI, les pires châtiments aux dangereux criminels qui téléchargent illégalement films et chansons sur le net. Si je comprends bien leur
raisonnement, tu as le droit de violer tant que tu ne télécharges pas !
J’ai l’impression qu’en ce moment, le pouvoir politique s’est trouvé un nouveau jeu : désigner à l’avance coupables et innocents !
Parce que quand même, la môme, elle avait 13 piges. Et Polanski 43 ! Après, dire qu’elle était consentante… Une gamine (oui, à 13 ans, c’est une gamine. Si t’as pas redoublé, à cet âge-là, t’es en
4ème !), qui se retrouve à faire des photos avec un réalisateur connu et très en vogue, qui vient de tourner le sulfureux « Chinatown » avec l’immense Nicholson et qui rêve de faire carrière…
T’ajoutes de la drogue et de l’alcool ; je rappelle qu’elle n’a toujours que 13 ans.
Et le type, à la fin, il la saute, sachant qu’elle n’a pas pris 5 ans de plus en une soirée et qu’elle a toujours 13 ans !
Juste un instant, imagine cette même histoire avec un inconnu, un type normal quoi, à la place de Polanski. Le mec serait immédiatement pendu à un croc de boucher. Oui, mais bon, c’est Polanski, un
grand cinéaste, un artiste, un homme d’art et de culture.
Certes… Mais ca n’en reste pas moins un violeur pédophile !
Par Christophe Jaurrey
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Publié dans : Actualité
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Bises et à bientôt